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Pêche du brochet : en rivière, en lac et en canaux.

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Le brochet en canal.

Canal

Les vieux canaux sont des chefs-d’œuvre d'ingénierie construits entre la fin du XVIIIe siècle et le début du XIXe siècle. À l'origine, ils servaient au transport des marchandises vers les villes. Cependant, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l'essor du chemin de fer et la création de voies navigables plus modernes les ont progressivement fait tomber dans l'oubli. Faute d'entretien, beaucoup se sont comblés et ont disparu. Heureusement, quelques-uns ont échappé à ce triste sort grâce à des efforts de préservation. Aujourd’hui, ces canaux sont devenus de véritables havres de paix et des refuges naturels où la faune, la flore et les promeneurs cohabitent harmonieusement. Les rubaniers, joncs, carex et nénuphars s’y développent généreusement, pour le plus grand bonheur des poissons. Gardons, brèmes, tanches, anguilles, carpes, perches et brochets s'épanouissent dans ces eaux calmes et stables. Il n’est pas rare d’y observer, au cœur d’une trouée de nénuphars, un brochet à l’affût, prêt à fondre sur le menu fretin ou sur un petit mammifère de passage.

Les grands canaux à l’inverse se caractérisent par des voies d’eau rectilignes, larges et profondes, bordées de berges enrochées ou bétonnées. Malgré ce cadre artificiel, la vie piscicole s’y est développée. Introduits par l’homme, les brochets y mènent une existence nomade. Privés de repères naturels, ils se déplacent constamment et marquent des pauses près des structures humaines : embarcadères, piles de pont ou écluses. Comme ils ne peuvent pas s'y reproduire de façon autonome, un rempoissonnement annuel en brochetons est indispensable pour maintenir leur population.

Le canal est un milieu artificiel aux lignes droites, souvent dépourvu de caches et de postes de chasse évidents pour le brochet. Dans ce contexte, le prédateur devient nomade et change fréquemment de secteur.

En été : c'est la période la plus complexe.

Il peut s’installer quelques jours près d'une pile de pont ou profiter de l'eau oxygénée d'une écluse mais il ne s'y éternise pas. Il lui arrive aussi de se poster en pleine eau, là où personne ne l’attend. Face à un comportement si aléatoire, il est préférable de s'abstenir, la pêche étant trop incertaine.

En automne et en hiver : la donne change lorsque le poisson blanc se rassemble.

Les brochets se rapprochent alors de ces bancs et se regroupent à leur tour, se déplaçant au gré des contraintes alimentaires ou climatiques. Cette cohabitation suit une hiérarchie stricte dictée par la taille : les grands spécimens se tiennent toujours en retrait des jeunes et du gros de la troupe. C’est le moment idéal pour lancer ses lignes, même si la partie est loin d'être gagnée. Tout au long de la journée, le pêcheur doit analyser l'eau pour localiser le poisson fourrage et trouver l'animation qui déclenchera l’attaque.

Éclaboussure d'eau